La peur du regard des autres… ou de soi-même ?

Chère Vie,

Cette semaine, j’ai enfin communiqué sur mon projet : ce blog. Je le gardais secret par peur du regard des autres, de ce qu’ils auraient pu en penser… ou penser de moi plus directement. Je craignais de devenir un sujet de conversation, d’ouvrir la porte aux remarques et de montrer trop de moi. À mes yeux, c’était montrer une vulnérabilité, en partageant un projet qui me tenait à cœur. Je gardais ce blog secret, d’abord pour moi-même, puis pour un petit cercle de personnes. Mais en le gardant secret, je l’empêchais d’être… et surtout je m’empêchais d’être.

Chaque jour, je me démène contre cette peur, celle qui m’empêche de faire et d’être. Celle qui me fait douter et m’enfermer. Celle qui est tellement ancrée en moi que j’ai fini par abandonner et l’accueillir, même si ce n’était pas avec gaieté. Comme une fatalité… c’est comme ça ! Alors, autant s’y faire et ne pas la provoquer. Faire le moins de bruit possible et ne pas rêver trop grand. Faire avec, parce que c’est moi… je suis cette peur qui est dans chaque parcelle de mon corps. Elle me possède et fait ce qu’elle veut de moi. C’est-à-dire : me paralyser pour ne rien faire.

Un jour, j’ai remarqué que le regard dont j’avais le plus peur, c’était celui de ceux qui me côtoyaient. De ceux qui me connaissaient. De ceux qui auraient le pouvoir de me juger, moi, personnellement et qui pourraient partir en me jugeant trop ou pas suffisante. Mais aussi de ceux qui pourraient parler fort en me pointant du doigt devant tout le monde, me rendant visible avec mes maladresses, mes défauts, etc. Alors, je m’adaptais et performais, pour ne pas faire fuir, pour me protéger de tout jugement ou critique. Je ne voulais pas être remarqué pour ce que j’étais, pour moi-même.

Je me suis rendu compte que cette peur était liée à la peur qu’on m’abandonne ou qu’on me rejette. Mais aussi de mon manque de confiance en moi. Car à force d’entendre des doutes, du jugement et de la comparaison à mon égard, c’est devenu ma propre façon de penser envers moi-même. 

Pendant longtemps, je pensais que ma parole avait moins de valeur que celle des autres, que mes actions étaient moins importantes et que mes rêves n’étaient pas pour moi.

Et lorsque ces croyances se frayaient un chemin en moi, je n’écoutais pas les encouragements, les compliments et la bienveillance. Mais lorsque j’ai décidé de leur laisser une place et d’y croire, j’ai commencé à me détacher de cette peur qu’on me regarde et qu’on me juge en tant que personne. Parce que finalement, c’était le mien de regard qui posait un problème. C’était le mien, le plus dur de tous. Celui qui a pris la relève des autres et qui s’est créé des lunettes déformantes de la réalité. Une réalité pleine de doute et de douleur. J’anticipais de la part des autres autant de mépris que j’en avais pour moi. Parce que ma réalité était moche. 

Alors aujourd’hui, je porte des lunettes de bienveillance et d’encouragement lorsque je me regarde dans le miroir. Je fais, je crée et je rêve. Je vis et surtout je suis. Alors évidemment, ce n’est pas toujours facile, il y a des jours où on oublie, où on n’a pas envie de se battre contre soi-même. Car c’est toujours plus facile de s’attarder sur le négatif et de se laisser faire par nos peurs qu’on connaît si bien. Au moins, on n’est pas trop brusqué dans notre zone de confort. Mais de cette façon, on se perd, on s’abandonne, on ne vit plus, on performe. 

Voilà pourquoi ce blog est là, pour que je puisse prendre ma place et pas celle qu’on m’a créée. Pour que je croie en moi, mes capacités et mes rêves. Pour renverser les croyances trop profondes en moi et les remplacer par des bien plus douces. Alors, cela ne devait plus être un secret, car cela aurait rimé encore avec me cacher. 

Alors cette semaine, j’ai enfin communiqué sur mon projet. J’ai créé un Instagram et j’ai republié sur mon compte personnel la publication de présentation. Eh bah, ce n’était pas aussi terrible que je l’imaginais haha. Certaines personnes ont suivi le navire et d’autres non. Et c’est ok haha ! J’ai décidé d’écouter la douceur et la bienveillance de mes proches, mais surtout la mienne, de leur laisser de la place pour chasser les autres paroles. Je n’ai pas imaginé être le sujet des conversations des gens, car ma peur me rendait un peu trop mégalomane à ce stade haha. Alors, en décidant de croire en moi et en la bonté des gens, et en arrêtant de m’imaginer le pire, je l’ai fait… et je suis toujours là.

Alors, bien évidemment, il faut que je continue ! 

Si je vous raconte tout ça, premièrement, c’est pour être transparente envers vous et surtout avec moi-même, puis écrire qu’est-ce que ça fait du bien haha. Mais au-delà de ça, je sais que la peur du regard des autres on est trop nombreuses et nombreux à la vivre, sans vivre notre propre vie. À se laisser paralyser et mener par le bout du nez. À ne plus oser être et rêver.

Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai la solution ou que j’en suis guéri, mais j’essaie et je continuerai d’agir contre cette peur du regard des autres, jusqu’à accepter la bienveillance. En tout cas, j’espère que ces mots auront pu toucher au moins une personne. Qu’ils auront pu être compris et accueillis. Et puis, vous pouvez y laisser les vôtres. Je vous lirais avec plaisir.

C’était une chère pensée, lancée à l’univers, pour soigner mes blessures et peut-être les vôtres. Et tout ça dans le but de tomber un petit peu plus amoureuse de la vie, car au fond elle en vaut la peine, autant que vous et moi.

Une chère bise

4 réponses

  1. Fière que tu l’aies fais ! En tout cas nous on te suivra toujours dans tes projets et tes rêves ❤️

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