LA MADELEINE DE PROUST : QUAND NOS SENS RÉVEILLENT NOS SOUVENIRS
Chère Vie,
En y réfléchissant bien, on a tous un son, une odeur, une sensation, un goût ou une vision, qui nous rappelle un moment heureux.
Un événement qui réveille un de nos sens et nous transporte instantanément ailleurs. Ailleurs, dans notre passé, dans un souvenir si clair qu’on le revit pleinement : les émotions, les sensations, les visages, … On se souvient sans effort de ce qu’on a vécu. C’est ce qu’on appelle la mémoire involontaire.
Si je vous parle de ce principe, c’est pour introduire : la madeleine de Proust. Car oui, cette expression que l’on connait tous, parle justement de la mémoire involontaire.
LA MADELEINE DE PROUST, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Dans son livre Du côté de chez Swann, Marcel Proust raconte comment le narrateur, en goûtant une madeleine trempée dans du thé, se retrouve soudainement transporté dans les souvenirs heureux de son enfance. Ce simple goût réveille toute une époque. Cependant, seulement la première bouchée le transporte, avec les suivantes, les émotions s’estompent : ça redevient une simple madeleine.
C’est une très belle métaphore pour expliquer comment la mémoire involontaire surgit sans prévenir et disparaît aussi vite qu’elle est venue.
La madeleine de Proust, c’est un concept que j’ai étudié lors de mes études de communication. Car oui, au-delà de la littérature, cette idée trouve aussi un écho dans la communication, le marketing, et même dans notre quotidien. Comment un son, une odeur ou un goût peuvent-ils nous ramener instantanément à un souvenir ? Et comment utiliser ce mécanisme pour mieux se connaître ou se recentrer ? C’est ce que je vous propose d’explorer à travers cet article !
MA MADELEINE À MOI
Si j’aime autant ce concept, c’est aussi parce que j’ai trouvé ma propre madeleine de Proust. Pour moi, ce n’est pas un goût, mais un son.
Imaginez : une journée d’été, le soleil chauffe la peau, le ciel est bleu, les terrasses s’animent. Les restaurants dressent les tables, les couverts s’entrechoquent, les verres tintent, une bouteille d’eau se pose
C’est ce bruit de couverts à l’extérieur qui me transporte instantanément dans mon enfance : les repas en famille, chez papi, sur la terrasse, la piscine à côté, le ciel bleu et le soleil qui chauffe. Dès que je l’entends, mon cœur se réchauffe. Mais, comme pour Proust, c’est toujours la première note qui m’emporte : ensuite, tout redevient normal.
Et vous, quelle est votre madeleine de Proust ? Quelle sensation vous ramène à un souvenir heureux ?
MÉMOIRE VOLONTAIRE VS MÉMOIRE INVOLONTAIRE
Avant d’évoquer comment utiliser ce principe, je tiens à développer la différence entre la mémoire volontaire et la mémoire involontaire.
- La mémoire volontaire, c’est celle qu’on provoque soi-même. On essaie de se souvenir, mais à force d’efforts, le souvenir finit souvent par se déformer. On se rappelle le fait, mais pas l’émotion.
- La mémoire involontaire, au contraire, surgit sans qu’on la cherche. Elle est déclenchée par un sens : une odeur, un son, un goût, un contact, une image. Et contrairement à la madeleine de Proust ce n’est pas toujours une émotion positive.
Mais alors, est-ce qu’il est possible de rendre la mémoire involontaire, volontaire ? C’est ce que la communication et le marketing tentent de mettre en place. Reste à savoir si c’est vraiment la même chose ou juste une illusion.
LA MADELEINE DE PROUST DANS LA COMMUNICATION ET LE MARKETING
Une bonne campagne, c’est une campagne qui fait ressentir quelque chose.
Et l’un des moyens les plus puissants pour provoquer une émotion, c’est justement de passer par les sens et la mémoire : la mémoire involontaire.
Pour cela, les marques adoptent généralement deux approches : soit elles s’appuient sur des expériences communes, vécues par un grand nombre de personnes, soit elles créent de nouvelles expériences, qui à force de répétition finissent par s’associer à un souvenir et donc à une émotion.
Pour donner des exemples :
Dans le deuxième cas, certaines marques créent leurs propres repères émotionnels. Les campagnes Coca-Cola diffusées à Noël en sont un bon exemple. Chaque année, la marque rejoue les mêmes émotions avec les mêmes symboles : le sapin, les lumières rouges, la neige, le camion et la musique. Et ça, pour recréer la même émotion : celle de la convivialité, du partage et de la chaleur des fêtes.
Il y a aussi les signatures sonores, avec la création d’un jingle, qui par sa répétition, devient un véritable déclencheur émotionnel. Celui de Decathlon, par exemple, évoque instantanément l’univers du sport, la simplicité et l’énergie positive. En quelques notes, il crée une sensation familière, une impulsion qui parle à l’inconscient.
Ces exemples montrent que les marques ne cherchent pas seulement à être reconnues, mais à être ressenties. Elles cultivent une familiarité émotionnelle, une sorte de madeleine collective, qui les ancre durablement dans la mémoire de chacun.
ET SI ON S’EN SERVAIT NOUS AUSSI ?
Maintenant qu’on sait qu’il est possible de créer une émotion en y associant un sens, pourquoi ne pas le faire aussi pour soi ?
Dans l’apprentissage par exemple, associer un son, une odeur ou une musique à une période d’étude aide la mémoire. Mais au-delà de ça, je pense qu’on peut aussi s’en servir pour ramener une émotion positive dans un moment difficile, et donc agir contre l’anxiété.
Je m’explique, quand on est anxieux, on est souvent submergé par des pensées négatives qui nous paralysent. Alors, depuis quelque temps, j’essaie de trouver des outils pour m’aider à mieux gérer ces moments. Je pourrais y consacrer un article complet, mais en résumé, ça se traduit par : agir plus, créer plus que je ne consomme, réduire les réseaux sociaux et m’ancrer davantage dans le présent. Finalement, reprendre possession de ma vie et la vivre pleinement. C’est facile à dire, oui haha, et j’y peine souvent, mais j’essaie toujours, c’est ça qui m’aide : être dans l’action.
Et une de ces façons, c’est de provoquer ma mémoire involontaire haha. Je n’essaie pas de me souvenir des moments heureux, mais j’essaie de les revivre à travers mes sens. Une odeur, une lumière, une chanson, un geste… Ces déclencheurs me permettent de ressentir à nouveau une émotion positive, sans effort ni illusion.
Alors, oui c’est difficile à mettre en place haha. Déjà, il faut identifier ses madeleines de Proust ! On a tous des déclencheurs différents et les reconnaître, c’est déjà apprendre à mieux se connaître. Ensuite, il faut reproduire les éléments sensoriels qui activent ces souvenirs, pour raviver l’émotion associée.
Cette émotion est souvent éphémère, mais c’est là que le travail commence : il s’agit de se concentrer sur l’émotion positive afin de couper court aux pensées négatives, puis de la laisser nous habiter, ne serait-ce qu’un instant. C’est une manière douce de revenir à soi.
La psychologie m’a toujours fascinée. Comprendre comment nos émotions, nos rêves et nos souvenirs fonctionnent… c’est une porte ouverte sur notre monde intérieur.
Et la madeleine de Proust, en est un bon exemple ! Elle nous rappelle que nos souvenirs ne sont jamais vraiment partis : ils dorment, quelque part, dans nos sens. Et parfois, un son, une odeur ou une lumière suffit à les réveiller.
Finalement, la madeleine de Proust, c’est un peu ça : un lien entre le passé et le présent, entre la mémoire et le cœur. Et peut-être que le secret du bonheur, c’est simplement d’apprendre à reconnaître ces instants suspendus, ces petites madeleines qui nous ramènent à ce qu’on a de plus sincère !
L’article est super intéressant 🥹
Merci🥹❤️
Génial… j’adore… un vrai moment de douceur au goût de fleur d’oranger. 😘🥰😍
la saveur de mon enfance🤭❤️