Grandir en gardant son insouciance
Chère Vie,
Demain j’ai 23 ans. Une année de plus à se chercher, se comprendre, mais surtout à grandir.
Et je dois dire que grandir me fait peur aujourd’hui haha.
Avant, j’étais impatiente de grandir, aujourd’hui, j’en suis anxieuse. Avant, j’attendais ma liberté, aujourd’hui, elle me fait peur.
Dans la vie j’ai une peur bleue de faire des choix. Eh bien, grandir, on n’a pas le choix haha. Enfin, on peut toujours essayer d’ignorer la situation je suppose, mais je ne recommande pas.
Il y a quelques années, lors de mes études, j’ai dû faire un discours sur un mot et j’avais choisi : grandir. Eh bien, 5 ans plus tard je l’ai relu et je me suis dit que j’allais vous le partager aussi ! Je pense qu’il fait écho avec ma pensée du moment haha.
Dans Grey’s Anatomy il y a cette phrase : « la vie est faite de choix : oui ou non. Continuer ou abandonner. Se relever ou rester à terre. Certains choix comptent plus que d’autres : aimer ou haïr. Être un héros ou un lâche. Se battre ou se rendre. Vivre ou mourir. Je vais le répéter une dernière fois, pour ceux qui en douteraient encore… la vie est faite de choix »
Grandir, c’est être confronté à des choix qui affecteront notre vie, alors qu’être enfant, c’est être confronté à des choix qui affecteront seulement les secondes à venir. C’est ce changement qui marque la fin de l’insouciance. Car avoir à faire des choix c’est remettre en perspective toutes ses options et se demander constamment si on a fait le bon ou le mauvais choix. Les conséquences de nos actes deviennent notre obsession.
Grandir, c’est renoncer aux fantaisies, celles qui nous font rêver enfants. Tel que le père noël, la petite souris ou même les fées et les super-héros. C’est avec ces histoires qu’on grandit, mais c’est en grandissant qu’on s’en sépare pour affronter la réalité.
Par exemple, lorsqu’on apprend la vérité sur le père noël, les noëls qui suivent sont différents, on les aborde d’une autre façon : ils perdent de leurs magies. C’est pareil quand on grandit, on voit le monde sous un tout nouvel œil, qui lui aussi, est sans magie.
Enfant, quand on va se coucher et qu’on ferme les yeux, on imagine qu’on est : un super-héros qui va sauver la terre ou bien une princesse qui vit dans un château. Plus on grandit et plus ces rêves s’effacent.
Finalement, le jour où on se réveille et qu’on comprend que les contes de fées n’existent pas, on se raccroche à la vérité et aux faits. Pas les fées avec des ailes cette fois, mais plutôt les faits qui sont vérifiés et scientifiques. Plus on recherche la vérité, plus on se détache de l’enfance.
On voit le monde tel qu’il est avec ses décisions, ses injustices et ses difficultés. On n’a plus d’autre choix que de faire partie de cette société où il faut se positionner.
Prenons l’exemple d’un carrousel, quand on est petit, on rentre dans ce manège et on choisit sa place : pilote d’avion, pilote de voiture de course ou même motard. Lorsqu’on est installé, il se met à tourner et on prend part à la société du carrousel. Quand on grandit, on doit aussi prendre part à ce carrousel géant qu’est la société. En revanche, celui-ci ne s’arrête pas de tourner pour nous laisser rentrer. Il faut trouver le courage de se lancer et prendre sa place.
C’est ce courage qui est maître de notre futur, malgré qu’on ne croie plus au conte de fée, il faut se servir de ces histoires pour avancer. Il ne faut pas oublier l’enfant qui est en nous et qui le sera toujours. Au contraire, il faut s’en servir pour rêver et faire de ces rêves notre réalité. Cette réalité sera toujours plus joyeuse si on utilise la part d’enfant insouciant en nous.
Être adultes, c’est : s’obliger à affronter la vie sans insouciance et rêve, c’est bien là, la seule différence.
Par exemple : Enfant, je pensais que les personnes qu’on entendait à la radio étaient dans le ciel, car l’antenne pointait là-haut. Alors, pour moi, les chanteurs et présentateurs radio montaient dans le ciel avec des escaliers de nuages, faisaient leurs performances et redescendaient sur terre. C’était la raison pour laquelle on entendait des artistes morts, puisqu’ils étaient déjà là-bas. Aujourd’hui, je sais qu’il s’agit de signaux émis et reçus, et que tout cela se passe sur terre. C’est moins drôle et moins magique, mais c’est la vérité. Je préfère tout de même mon explication.
J’ai demandé à mon entourage quels étaient les choses qu’ils regrettaient de leurs enfances. La majorité des réponses étaient l’insouciance et la naïveté, de ne pas avoir de soucis et de responsabilités, de se contenter de faire ce que nos parents nous disaient. On ne portait pas attention au regard des autres.
Ces choses-là ne sont pas irréversibles. Grandir ne devrait pas signifier oublier tout cela, au-delà des responsabilités et des choix auxquels on doit faire face, il faut s’autoriser, par moment, l’insouciance et les rêves. C’est comme ça qu’on voit le monde sous un meilleur jour.
Il faut regarder le monde qui nous entoure et se demander : enfant comment je l’aurais regardé ? Faire ça c’est positiver, car un enfant n’est jamais négatif, il sourit et il est toujours de bonne humeur. C’est cette insouciance qui va nous pousser à trouver le courage de monter dans le carrousel de la société. Et finalement, on pourra utiliser la phrase magique des contes de fée « ils vécurent heureux », parce que pourquoi pas.
Alors voilà, après cette relecture des mots de la Isaline de 18 ans (mes propres mots finalement), j’ai souri. Parce que, c’est ma propre réponse face à mes propres angoisses d’aujourd’hui. Comme quoi, il fallait que je retombe dessus.
Alors pour mes 23 ans, je fais vœu d’insouciance. Un peu de magie et de poussière de fée ne me feront pas de mal haha.
Une chère bise